Tu veux écrire un roman mais tu ne sais pas par où commencer ?

Par Kelsie D Cross / Conseils d’écriture

Au fil de mon parcours d’écrivaine (et de sorcière), j’ai accumulé de l’expérience, des échecs aussi immense qu’une villa, des doutes et quelques victoires. J’ai commencé comme beaucoup d’entre vous : avec une idée qui brûlait quelque part entre mon cœur, ma tête et mes doigts, mais sans la moindre idée de comment la mettre sur papier. Et je me suis retrouvée, des dizaines de fois, face à un document vide qui me regardait avec une indifférence cruelle (sniff).

Aujourd’hui, j’aimerais partager ici ce que j’aurais aimé qu’on me dise dès le début. Evidemment, il n’y a pas des règles gravées dans le marbre, peut être sur du quartz mais pas dans le marbre. Bref, je veux juste vous donner les clés, celles qui m’ont, personnellement, aidée à transformer mon chaos (et dieu sait qu’il est grand) en quelque chose de concret et de vivant.

Alors installe-toi. On a des choses à se dire.

Le vrai problème : tu attends d’être prête

Spoiler : ce moment n’arrive jamais. La grande illusion de l’autrice débutante, c’est de croire qu’il faut avoir tout planifié avant d’écrire une seule ligne. Ton cerveau te martèle qu’il te faut : l’histoire parfaite, des personnages entièrement construits, un plan chapitre par chapitre et une bonne tasse de thé bien sûr (adorateur de matcha et de kombucha, je vous hais)

Mais voilà ce que personne ne te dit : l’histoire se révèle en l’écrivant (comme la carte des Maraudeurs, oui je sais, les refs à HP sont cursed mais cette saga a fait toute mon education). Tes personnages vont te surprendre, tes intrigues vont se tisser d’elles-mêmes une fois que ta plume sera en mouvement. Le roman que tu imagines dans ta tête n’est qu’une ombre, la version sur papier sera toujours plus vivante, plus complexe, plus vraie (et toujours plus remplie de fautes mais c’est une discussion pour plus tard).

Mon conseil : commence maintenant, et avec ce que tu as. Même si c’est imparfait. Surtout si c’est imparfait.

La méthode des trois ancres

Voici la technique concrète que j’utilise encore aujourd’hui, que j’appelle la méthode des trois ancres (oui j’adooooore les pirates, si tu veux en savoir plus). Avant d’écrire le premier paragraphe de ton roman, tu auras besoin de seulement trois choses, pas cent, pas dix. Trois.

🔴 Ancre 1 — Ton personnage central

Tu n’as pas besoin d’une fiche de personnage de 40 pages. Tu as juste besoin de répondre à une seule question : qu’est-ce que ton personnage veut désespérément et qu’est-ce qui l’en empêche ? C’est là que naît le moteur de toute histoire. Le reste (ses yeux, son passé, ses habitudes) viendra naturellement en chemin.

🔴 Ancre 2 — Ta scène de départ

Oublie le chapitre un, la présentation, le contexte. Commence par la scène qui t’obsède, celle qui t’a donné envie d’écrire cette histoire. Elle n’a pas besoin d’être la scène d’ouverture (l’organisation n’est pas utile ici, on peut tous collectivement souffler) mais écrire cette scène en premier te donnera l’énergie dont tu as besoin pour continuer. Elle sera ton étoile polaire (voui).

🔴 Ancre 3 — Ta fin (même floue)

Tu n’as pas besoin de connaître chaque rebondissement, mais avoir une idée, même vague, de là où tu veux emmener ton histoire est un game changer (et oui je suis bilingue). Est-ce que ça finit bien ? Est ce que ça finit mal ? Est ce que c’est ambigue ? Est-ce que ton personnage obtient ce qu’il voulait, ou découvre qu’il voulait la mauvaise chose ? Ce cap, même lointain, t’empêchera de te perdre en route (toujours les pirates, ça change pas).

L’autre grande erreur du débutant : vouloir écrire beaucoup trop d’un coup, puis ne plus écrire pendant trois semaines (…litteralement moi qui écrit 6 projets à la fois…) Un roman ne se construit pas dans l’enthousiasme des bons jours, il se construit dans la régularité des jours ordinaires.

Je ne te dis pas d’écrire 2000 mots par jour comme certains gourous de l’écriture aiment le prêcher. Je te dis juste de trouver ton rythme (même si c’est celle d’une tortue). Peut-être que c’est 200 mots le matin avec ton café. Peut-être que c’est une heure le dimanche soir après manger. L’important, c’est que ce rendez-vous existe, et qu’il soit suffisamment doux pour que tu aies envie d’y revenir.

Un roman de 80 000 mots, c’est 300 mots par jour en moins d’un an. Laisse ce chiffre faire son bonhomme de chemin.

Le premier jet est censé être mauvais

C’est peut-être le conseil le plus libérateur que j’ai jamais reçu : le premier jet n’est pas censé être bon. Il est censé exister. Son seul travail, c’est d’être là (un peu comme moi sur cette Terre de temps en temps). Donc evidemment, imparfait, bancal, parfois franchement mauvais, et c’est exactement comme ça doit être.

Parce qu’on ne peut pas réécrire ce qui n’existe pas. La magie d’un roman ne se passe pas à l’écriture, elle se passe à la réécriture. Les grandes histoires ne sont pas écrites, elles sont réécrites. Donc arrête de te corriger en temps réel et écris ce bouquin, bordel !

Un cadeau pour aller plus loin 🖤

Si cet article t’a envouté, j’ai préparé une potion pour toi : ma checklist ! Ma checklist offerte va encore plus loin : tu y trouveras des exercices concrets, des questions pour débloquer ton histoire, et les outils que j’utilise personnellement avant de commencer chaque nouveau roman.

C’est le cadeau sincère d’une petite sorcière, sans condition aucune, parce que j’ai l’intime conviction que chaque histoire mérite d’exister, et que la tienne ne fait pas exception.

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Kelsie D Cross

Auteure de romans de romance, thriller et dark academia (tous queer, le plus souvent gays et lesbiens) et complice des autrices qui ont de la magie plein les doigts (bizarre cette phrase).

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